Ça fait maintenant un mois que je suis ici. Un mois qui a passé terriblement plus rapidement que prévu. C’est sûr que prit jour pour jour, j’ai trouvé ça long, mais en un mois j’ai vu plus de choses que dans la moitié de ma vie. C’est pas un voyage normal comme les autres voyages que j’ai déjà fait. C’est plus deep, c’est vrai. Je ne vois pas que la face touristique de la Thaïlande, je vois ce qui est vrai, la pauvreté, la saleté, la simplicité, mais surtout le bonheur. C’est fou à quel point c’est occidental la tristesse. Je veux dire, pas la tristesse en tant que tel, pleurer ou être triste d’un événement, mais plus le concept de dépression et tout. Ici, ils ont pas le temps d’être en dépression et de ne pas travailler. Tu travailles pas: tu crèves. Ils ont des commerces à faire rouler. Je ne me suis pas trop informé sur le sujet, mais je suis pas mal certaine que there’s no such thing as l’aide sociale ici.

La philosophie ici c’est Mai Pen Rai traduction de never mind. Il y a rien de grave, jamais. C’est une belle mentalité, sauf que c’est un peu tannant lorsqu’il y a des choses qui te tiennent à cœur et que tout le monde est comme «ben c’est pas grave», parce que des fois, c’est grave.

J’ai le time of my life, mais il y quand même certaines choses qui, en bon français, me tapent sur les nerfs. La Thaïlande c’est un beau pays, mais j’essaie depuis que je suis arrivée de trouver des aspects du pays qui sont mieux que le Canada. Mais malgré tous mes efforts, j’en trouve pas. Il fait rarement beau, mais même s’il fait beau on a pas envie de sortir dehors et de littéralement cuire sous les 40 degrés qu’il fait. L’école c’est un peu n’importe quoi, ils sont incroyablement sévères sur l’habillement: si mes bas sont roulés de la mauvaise façon, je vais me le faire dire, mais par contre skipper des cours c’est bien correct. Je pense que j’ai assisté à comme 5 cours en 2 semaines d’école… Dans les cours que j’ai été, le prof n’enseignait pas vraiment, c’était comme une salle d’attente avec 30 filles qui se connaissent… Ah et sincèrement, j’espère ne pas tomber malade parce que je ne fais aucunement confiance aux médecins de ce pays.

L’apprentissage de la langue va bien, malgré que je ne fais pas plus d’efforts qu’il faut pour l’apprendre. La plupart des filles dans ma classe étaient dans le english program en grade 7,8 et 9, donc parler anglais ne leur dérange pas et c’est bien moins d’efforts pour eux que d’apprendre une langue pas apprenable à une paresseuse qui veut pas tant faire d’efforts non plus. ¯\_(ツ)_/¯

Contrairement à moi, La ponctualité ne fait vraiment pas partie de leurs valeurs. Étant quelqu’un de relativement stressé, je dé-tes-te être en retard. Attendre ne me dérange pas tant, sauf si c’est pendant 50 minutes sous la pluie après l’école. Dans ce cas là, (tous les jours) ça se peut que la réponse à la question « are you happy? » De ma mère d’accueil toute contente soit non. À TOUS les matins, je fais 200 jumpings jacks parce que j’arrive en retard pendant l’hymne national (la plus longue hymne au monde en passant damn) parce que ma mère over sleep à tous les matins, c’est gazant.

Les routes me font tellement rire, pas les chemins en tant que tel, mais tout ce qui les côtoies. Aux intersections populeuses, il y a souvent un policier, qui ne serd ABSOLUMENT à rien. Il a un sifflet, et il siffle, mais il siffle en continue. Je pourrais même pas dire à qui il siffle, personne ne l’écoute ou le regarde. «Si ça passe c’est une voie».

Le gens me regardent, partout et tout le temps. Pendant mon camp d’entrainement de la patience après l’école, quand j’attend mes parents sur le bord de la rue, j’ai quand même le temps de voir les voitures qui passent dans le trafic à côté de moi donc eux aussi ont le temps de me voir. La 5e personne sur le scooter poke la personne en avant d’elle et me pointe, les gens dans les autobus de ville se retournent tous, je suis l’attraction, encore plus quand il pleut à boire debout et que j’ai la face de quelqu’un qui a envie de mourir. Pour vrai, ça doit feeler comme ça être dans un zoo.

Je parle beaucoup en négatif, mais c’est juste parce que c’est plus facile, car c’est faux que je n’aime pas ça ici. C’est un très beau pays, avec des très belles personnes (plus à l’intérieur qu’à l’extérieur mais bon). Tout le monde est très accueillant et ils me font voir des choses que je n’aurais jamais vues si j’avais visité la Thaïlande par moi même. J’apprend un tout autre mode de vie et je réalise qu’on est vraiment bien et chanceux au Canada. Cet échange là m’apporte et m’apportera énormément (surtout de la patience). Je suis contente de l’avoir fait en Thaïlande, ça va faire du bien à la princesse que je suis et peut-être (qu’au grand plaisir de mes parents) je reviendrai sans trône.