Pour bien terminer mes vacances remplies de froid et de plaisir, je suis allée avec quelques amis dans les Chic Chocs pour profiter un peu dans la neige.

La route a tout de même bien été, sauf pour la partie où il n’y avait qu’une voie et que plusieurs personnes ne roulaient pas assez vite à mon goût. Il me fallu pratiquer plusieurs manœuvres, ma foi, un peu dangereuses pour arriver à mes fins; ne pas suivre de Caroline qui roule sur les 4 flashs. Les routes étaient recouvertes de neige, mais pas pour trop glissantes. Les gens ont tout de même réussi à perdre leurs moyens et à rouler 20 kilomètres sous la limite permise et d’ainsi créer un trafic incroyable à 1h de l’après-midi, un lundi, en GASPÉSIE.

J’avais réussi à gérer ma rage au volant et tout allait bien, jusqu’au moment où nous étions à 3 minutes du Gîte du Mont-Albert, que je roulais un peu vite et que je commençais à être gazée de conduire. C’est bien évidement à ce moment qu’un orignal a cru bon nous sortir dans la face sans avertir, et moi d’avoir une importante montée de stress. J’ai eu tout juste le temps de ralentir assez et de passer à 3 pouces dudit orignal, à une vitesse probablement beaucoup plus rapide que ce que la protection des animaux suggère.

Le jour deux de ski fut un de ceux qu’on appelle mémorable. Nous avons quitté le chalet à midi, encore complètement pétés de la veille, mais tout de même bien motivés à aller monter le Lyall, un des plus hauts domaine skiable des Chic Chocs. À la fin de l’approche, le doute s’est installé à savoir si nous avions le temps de monter ou si la noirceur nous devancerait. Après notre troisième séance photo de la journée, nous avons pris (l’excellente) décision de monter. Un homme d’un certain âge (je dirais 60 ans) nous suivait, à un quand même bon pace. À la half hike, lorsque j’étais déjà brulée, que j’avais des ampoules et une importante envie de pleurer et de chialer, l’homme nous laissa savoir (probablement parce qu’il était gazé de m’entendre chialer) que c’était sa troisième montée. C’est à ce moment exact que je me dis: «Si à 20 ans, je ne suis pas en forme, quand le serais-je ?» (Je laisse pendre la question..)

Nous avons finalement terminé de monter lorsque le soleil se couchait. Nous étions trois, sans lumière, sans kit d’avalanche, sans avoir avisé personne de notre itinéraire (avec des hauts risques d’avalanche). Bref, la définition de responsabilité. C’était une descente qui valait complètement les risques qu’on a pris. J’avais les dents gelés de neige, mais je ne pouvais pas fermer ma bouche qui était fendue jusqu’à mes oreilles. On a finalement terminé la run à la noirceur complète, avec un petit stress établi de se perdre. Steph pensait perdre connaissance et tombait à tous les deux pas. Même si je suis quelqu’un de très empathique (not), je commençais à être impatiente. Je ne sais pas si c’est parce qu’on est des real faggots ou bien si nos deux-trois jujubes n’étaient pas assez pour nous soutenir, mais je vous laisse deviner le soulagement que j’ai eu en arrivant au stationnement.

Je souhaite honnêtement que tous les gens sur cette Terre aient un hobby qu’ils apprécient autant. J’avais mal aux jambes, les aines en feu et j’avais des ampoules sur les pieds. J’avais chaud, soif, faim, mais j’avais tout de même le sourire fendu jusqu’aux oreilles et je ne pouvais m’empêcher d’aimer ça. (Est-ce un début de sadomasochisme ?)

Le court trip s’est terminé assez rapidement. Arrêtées par la pluie et le retour aux obligations, Steph et moi sommes reparties vers Québec, Jeudi vers 12h30. Avec un peu de rage au volant et plusieurs excès de vitesses, nous sommes rentrées à bon port à la parfaite heure pour aller se coucher, c’est-à-dire, 18h30.

Peace out, 
Je vais me coucher
[18h35]